L'étrangleur de Boston

L’étrangleur de Boston n'a pas été conçu comme un film d’horreur, mais il marque une étape supplémentaire par-rapport à Psychose. D’abord dans l’examen des dégâts provoqués par le tueur, détails très crus pour un film produit par un grand studio en 68 (« la victime a-t-elle été violée ? – Non, le docteur n’a relevé aucune trace de sperme »). Psychose apparait finalement très pudique sur l’aspect sexuel de la tuerie maniaque. Ensuite sur l’examen du psychisme du tueur. Le film d’horreur montre le tueur comme une machine à tuer plus ou moins sophistiquée. L’étrangleur de Boston consacre son dernier quart à l’approche de l’énigme d’un tueur psychotique : il n’est pas un monstre, mais un enfant apeuré. Le dernier plan laisse une impression durable, celle de cet enfermement typique du thriller horrifique, mais là c’est le tueur qui n’en sort pas. Qu'on considère que dans Halloween, 10 ans plus tard, le tueur est explicitement décrit comme une menace incompréhensible qui ne mérite qu’un traitement, l’extermination : il est permis de penser que tout le film d’horreur des 40 années suivantes est une régression par-rapport à ce film de grande classe.