Vincenzo Natali

Durant les années 70 sont apparus de grands noms de la science-fiction et du fantastique au cinéma : Steven Spielberg (qui a depuis élargi son registre), John Carpenter, David Cronenberg, James Cameron... C’est la génération de l’après-guerre, dite du baby-boom.

Les enfants de cette génération commencent à percer. Les plus notables seraient aujourd’hui :

- Peter Jackson : Le seigneur des anneaux ; King Kong ; Bilbo le hobbit...

- Zack Snyder : L’armée des morts, 300, Watchmen, Le royaume de Ga’Hoole, L’homme illustré...
- Guillermo del Toro : L’échine du diable ; Hellboy ; Le labyrinthe de Pan...
- Alexandre Aja : La colline a des yeux ; Piranhas 3D.

De cette génération, le plus cohérent et le plus novateur est aussi le plus discret : Vincenzo Natali, auteur de Cube, Cypher, Nothing, et Splice.



Cube
(1997)

Vincenzo natali - Cube


Bande annonce : http://www.cinemovies.fr/film/cube_e60943/videos/1/m187402

Cube met en scène un groupe de 6 personnes, prisonnières d'une gigantesque structure composée de pièces cubiques, beaucoup d'entre elles contenant des pièges cachés et mortels. Il s'agira pour ces 6 personnes de survivre et de s'évader. On devine déjà le potentiel de fascination et de suspense de Cube.

Cet aspect est pleinement assumé, et nous avons à faire à un thriller en huis-clos sans temps mort et avec rebondissements. Son idée de base lui vaudra la médaille de l'originalité (bien que découlant d'un épisode de la Quatrième Dimension). La seule réserve est qu'un léger mal de tête peut saisir le spectateur lorsque les mathématiques s'invitent dans l'histoire.

Mais le film va au-delà de l'anecdote. Il a valeur de fable. Les 6 prisonniers ne se connaissent pas, mais ils ne semblent pas avoir été choisis au hasard : chacun, même le plus humble, a des talents qui réunis devraient permettre au groupe de surmonter l'épreuve. Mais les failles et les perversions des uns et des autres vont entraver cet espoir. D'autre part, le mystère du cube ne donnera lieu à aucune révélation ésotérique : la thèse la plus convaincante est qu'il est une absurdité collective, du même type finalement que celle crée par nos pathétiques héros. De quoi méditer sur la condition humaine.

Succès public au Japon et en France, succès critique (primé aux festivals de Toronto et de Gerardmer), Cube aurait du être à Vincenzo Natali ce que Duel fut à Steven Spielberg : le petit film tourné à l'économie qui met sur orbite une carrière. Mais la suite allait être plus compliquée... Il passe un an à développer Splice, mais le financeur se retire.

Critiques :

http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=662&NamePage=cube--collector-2-dvd- http://www.horreur.net/critique-150-150--Cube.html
http://sfstory.free.fr/films/cube.html

http://cinemafantastique.be/?page=critiques&id_film=1553

http://myscreens.fr/2010/cinema/culte-du-dimanche-cube/



Cypher (2002)

Vincenzo natali - Cypher


Bande annonce : http://www.cinemovies.fr/film/cypher_e60968/videos/1/m183726

Retour du film d'espionnage comme on n'en fait plus depuis la fin de la Guerre froide. L'histoire, vertigineuse lorsqu'on s'aperçoit que les manipulateurs sont eux-mêmes manipulés, s'insère dans un univers authentiquement cyberpunk : omniprésence des réseaux informatiques, puissance des multinationales, pirates informationnels, ingénierie des esprits, etc.

Certains indices font rapidement comprendre que le film ne se prend pas tout à fait au sérieux : le personnage principal est un peu idiot, le style visuel s'autorise des outrances dignes de Brazil, inventant un rétro-futurisme basé sur les années 50 américaines. Ca fume et ça boit du scotch comme dans un film d'Humphrey Bogart... Jeu sur les clichés : la femme fatale, l'idiot. Le clin d'oeil final rappelle Cube : tout le monde croit manipuler tout le monde, mais dans le fond c'est le bénêt qui tire son épingle du jeu. Un film joueur, brillant exercice de style, une sorte de Ocean's eleven cyberpunk.

Selon Vincenzo Natali, Cypher sera très mal distribué aux Etats-Unis, rendant sa distribution à l'étranger aléatoire.

Critiques :

http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=778&NamePage=cypher http://cinema.fluctuat.net/films/cypher/618-chronique-cube-au-carre.html
http://likezemoon.canalblog.com/archives/2009/07/27/14528415.html

http://www.krinein.com/cinema/cypher-798.html

http://cinemafantastique.be/film1555-Cypher.html

http://lefilmetaitpresqueparfait.hautetfort.com/archive/2009/05/25/cypher-2003.html



Nothing
(2002)

Vincenzo natali - Nothing


Bande-annonce : http://www.cinemovies.fr/film/nothing_e55473/videos/1/m188509

Vincenzo Natali s'est ici essayé à une fantaisie digne de Michel Gondry, avec héros baltringues et univers déconnecté de la réalité. En beaucoup plus radical. Nothing ne sera pas exploité en salle en France.

Critiques :

http://www.excessif.com/cinema/critique-nothing-4706885-760.html
http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1662&NamePage=nothing

http://www.ecranlarge.com/movie_review-read-9395-10367.php

http://critico-blog.viabloga.com/news/nothing-vincenzo-natali

http://www.critikat.com/Nothing.html

http://www.krinein.com/cinema/nothing-6482.html

http://cinema.fluctuat.net/films/nothing-3/1766-chronique-dans-le-neant-exactement.html

http://cinemafantastique.be/film1556-Nothing.html?article234



Splice (2009)

Vincenzo natali - Splice


Bande annonce : http://www.cinemovies.fr/film/splice_e99971/videos/1/m188915

Peinture moderne du savant fou. Ce n'est plus un fasciste mais une bande de geeks sympas qui travaillent en musique, avec des joujous rutilants et fort couteux. Des enfants gâtés qui dérapent, armés des meilleures intentions du monde. Finesse idéologique qui se trouvait déjà dans Cube (le cube n'est pas le fruit d'un complot, mais d'un système que personne ne contrôle et qui a engendré un monstre).

Pas innocents quand même, les geeks. Dans ce labo à l'ambiance Google, le savant fou est plus particulièrement une femme. Le personnage de Sarah Polley est très marquant. Irritante et attachante en même temps. D'apparence sure d'elle-même et dominatrice, dame de fer en jeans et cuir, souterrainement travaillée par un drame atroce délicatement suggéré. Elle porte la tragédie et sa trajectoire est assez estomaquante, quand on pense à l'épilogue, glaçant. Adrien Brody fournit un contrepoint sans être un faire-valoir, parfait.

Le film entretient un malaise très cronenbergien, la thématique sexuelle, moins frontale que chez le visionnaire de Toronto, est pour le moins dérangeante, il y a quand même là-dedans une sorte d'inceste, de la pédophilie, et du vrai sadisme. Quand aux créations biologiques de nos geeks, elles sont un beau morceau d'horreur technologique. Dernière comparaison avec Cronenberg, la concision de la construction dramatique de Splice n'est pas sans rappeller La Mouche. Finalement, cette proximité avec Cronenberg est peut-être la principale faiblesse du film : Splice ne déparerait pas dans la filmographie du maitre ontarien, contrairement à Cube qui m'apparaissait comme tout à fait singulier.

La patte de Vincenzo Natali me semble tenir dans la portée éthique du film, rarement un souci de David Cronenberg. J'ignore si les manipulations biologiques décrites font écho à une quelconque réalité, mais la dernière image, le point final est un point d'interrogation placé sur les biotechnologies, le film donne chair à tout le bla-bla porté par les médias autour de la bioéthique, il éveille la vigilance de façon convaincante, intelligente et sensible.

Deux points de répulsion ont contribué à attirer une réputation mitigée à ce film. D'abord la sexualité et l'horreur biotechnologique ont sans doute produit le même effet sur le public des fans, qui aime jouir de ses électrochocs émotionnels mais qui n'aime pas être perturbé, que le sang qui se répand sur l'assistance bon chic-bon genre de cadres supérieurs lors d'une scène mémorable. A l'inverse, lorsque le film tourne dans ses vingt dernières minutes au classique thriller horrifique, la partie la plus esthète du public commence à s'ennuyer. On éspère que ce dilemme, résolu une fois avec Cube, ne poursuivra pas Vincenzo Natali durant le reste de sa carrière.

Critiques :

http://www.excessif.com/cinema/critique-hybrid-4917971-760.html
http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=2057&NamePage=splice-

http://www.ecranlarge.com/movie_review-read-12552-49791.php

http://www.lepost.fr/article/2010/06/29/2134239_critique-splice-de-vincenzo-natali.html

http://www.films-horreur.com/2010/07/critique-splice-vincenzo-natali-2009/

http://www.cadependdesjours.com/2010/07/03/splice-de-vincenzo-natali/

http://www.critikat.com/Splice.html

http://cecile-desbrun.over-blog.com/article-splice-de-vincenzo-natali-critique-du-film-53539303.html

http://www.anglesdevue.com/2010/07/04/splice-de-vincenzo-natali/

http://www.lescinephiles.net/t812-splice-de-vincenzo-natali-2009

http://www.sueursfroides.fr/critique/splice-1636

http://cinema.fluctuat.net/films/splice/10269-chronique-Serie-B-is-.html



Et pourtant, il tourne. Il y a un aspect clinique dans les films de Vincenzo Natali, qui n’est pas sans rappeler le style de Stanley Kubrick, ou celui de George Lucas dans THX 1138, qui lui a sans doute valu d’être choisi pour adapter les romans IGH de James Ballard, et Neuromancien de William Gibson, romans empreints de la déshumanisation des sociétés industrialisées. Il travaille également sur l’adaptation de la BD Swamp thing, d’Alan Moore, un comics à la tonalité tragique.

Entretiens avec l’auteur :

Sur ses 4 premiers films :
http://www.excessif.com/cinema/actu-cinema/dossiers/interview-vincenzo-natali-splice-5883422-760.html (texte)
A propos de Splice :
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-17710/interviews/?cmedia=19123594
(vidéo)
http://www.ecranlarge.com/article-details-16657.php
(version vidéo ou texte)
http://www.ecranlarge.com/article-details-16700.php
(Vidéo sans sous-titres)
http://www.lejdd.fr/Culture/Cinema/Actualite/Vincenzo-Natali-Le-futur-va-etre-interessant-203978/
(texte)
http://www.freneticarts.com/rcinema/video.php?ID=79
(vidéo)

A propos de Cypher :
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-17710/interviews/?cmedia=18351576 (vidéo)
Sur quelques oeuvres d'autrui :
http://www.rollingstone.fr/Les-films-de-monstres-de-Vincenzo_1951.html (texte)
A propos de la vague des remakes de classiques du fantastique et de l’horreur : http://www.ecranlarge.com/article-details-16671.php (vidéo sous-titrée)
Témoignages : Delphine Chanéac :
http://www.excessif.com/dvd/actu-dvd/dossiers/splice-interview-de-delphine-chaneac-6124455-760.html